Ma première dans un paddock


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Après une belle virée avec des copains dans les Alpes, je suis remonté tout droit pour la Belgique. Wout m’avait invité à venir l’aider pour le voir faire des tours sur le circuit de Gedinne. Que des anciennes ! La sienne : une Suzuki GT185 restauré par son team The Dying Frankies Racing Team dont j’arbore le t-shirt en écrivant ces lignes.

Gedinne c’est un circuit d’environ 5km, très difficile, sur une route normalement ouverte à la circulation. Il a été en activité jusqu’au moment où on a considéré qu’il était trop dangereux pour des motos de plus en plus rapides. Du coup les passionnés d’anciennes s’y retrouvent pour disputer des courses sur leur bécane d’antan. Plusieurs classes s’y disputent allant des motos d’avant guerre aux années 1972. Un méli-mélo auquel je n’ai pas trop fait attention mais qui a son importance. En résumé c’est un tas de passionnés, venu montrer leurs plus belles montures pour faire une belle course en famille.

The Dying Frankies Racing Team, c’est une bande de potes tout aussi dégénérés et passionnés que mon collègue. C’est la troisième course qu’il fait. Au programme, récupérer plein de matos chez ses différents contacts et partenaires, pour ensuite tout charger dans le camion avant de récupérer la moto chez son mécano. La dernière course avait mal fini et le trou dans le piston n’avait toujours pas été réparé. Fini les pistons made in China, cette fois c’est un beau piston d’origine Suzuki. Bref on devait partir vers 16h et il est 19h au moment où je ferme la porte avec la moto dans la camionnette. Plus que 2h de route, sans compter la panne électrique à réparer sur la caravane. On arrivera à 23h05 au paddock. Impossible de rentrer. Le directeur des courses a fermé toutes les barrières.

Pas grave, on se pose, on va voir les copains qui nous ont gardé une place et on va se coucher, au beau milieu du terre-plein de la chicane redoutable. Réveil matinal pour être prêt pour les entraînements. Mais nous voilà bloqués dans la bouillasse. Impossible d’atteindre le campement avec la caravane qu’on abandonne là pour le moment. Déchargement du camion, déploiement du stand, allumage de la bécane et contrôle technique. Tout se passe très vite, car Wout et déjà en piste pour ses premiers tours d’entrainement. La moto va bien, le pilote un peu moins, car tous les événements précédents se sont déroulés sous une petite pluie constante. La piste est bien mouillée et très difficile.

Moi, pendant ce tour de chauffe j’ai trouvé un mec avec un manitou pour sortir la caravane. En vain j’ai essayé de mettre en marche la 50 à crampon qu’il avait emmené pour éviter les traversés de paddock en courant dans la bouillasse. J’ai les pieds trempés comme pour un festival, mais malgré la pluie tout le monde semble s’amuser, bien affairé aux taches qui leur sont imparti. Au retour on nettoie la moto, le frein avant est mal réglé alors on s’en occupe. Ce n’est pas si simple que je le pensais. Ensuite on bricolera progressivement sur la moto, des petites améliorations. Puisqu’aucun souci grave ne nous empêche de les faire. C’est un peu comme en voyage. J’ai souvent une liste de chose à faire sur la moto, par ordre d’importance. Mais parfois la liste ne rétrécit jamais, car il y a toujours des soucis plus importants. C’est seulement quand enfin tout va bien que je commence à m’occuper des petits problèmes. Ben là c’est pareil !

J’ai aussi fait un gros nettoyage carbu de la 50cc. Mais rien n’y fait, jusqu’au moment où Reen, un copain de la bande, se rappelle que la dernière fois il avait suffit de tourner un vario en plastique. Et hop, ni une ni deux, elle démarre et ne barbotte plus une fois les gaz en grand ! Pfiou. Ça nous amusera bien le soir sur les petites bosses du fond du paddock.

La pluie a quand même commencé à se faire plus discrète. L’occasion d’aller prendre des photos sur le bord de la piste, d’admirer les sidecars à pleine balle. Le samedi, jour de la première course le temps sera plus sec, les autres de la bande arrivant petit à petit je suis libéré des tâches de mécanique et profite de l’aprem pour aller faire des photos de l’autre coté de la piste. La veille j’avais réalisé le plus long tour de piste de Gedinne de l’histoire avec mon petit 50cc pour repérer les endroits propices pour de bons plans vidéo. La seule difficulté c’est que le seul moyen de s’y rendre du paddock c’est par la piste elle même. Obligé d’attendre les 10min de pause entre chaque course pour avancer. Du coup, j’avais emprunté un vélo à une amie, singe sur le sidecar numéro 13 (qui finira 2e dans sa catégorie).

Je me suis régalé ce jour-là. Entre soleil et averses les décors changeaient à chaque course. Et franchement, il y en a qui envoient sévère.

 

Le lendemain c’était le dernier jour de course, et les affreux de la bande m’avaient embrigadé toute la nuit. Réveil à 9h du mat pour la course de Wout, pas facile facile… Tout se passera bien quand même, avec le soleil c’est plus facile. À la fin je retourne sous la tente, les moteurs vrombissent de partout, mais rien à faire j’ai besoin de sommeil. J’en ressors deux heures plus tard, direction un bon truc chaud à manger où je retrouve toute la bande pour une aprem à regarder les autres concurrents.

Le soir tout le monde s’en va, nous on a à peine commencer à ranger le camp. On s’est retrouvé à trois, les autres de la bande ayant un taf le lundi. Remise des prix et bonne bouffe. Le lendemain on plie bagage, on recharge le camion et hop sur la route. Retour à la maison après cinq jours de malade. Heureux, mais complètement à plat. Je partirai de chez Wout le mardi, après avoir fait une bonne machine à laver.

Finalement je n’irai pas aux Pays-Bas, trop fatigué, direction la maison en passant voir quelques amis !

And you, what to you think ?

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